Réunis mercredi au Central Tennis Club du Sofitel Hôtel Ivoire, les organisateurs du "J30" Abidjan ont détaillé les enjeux de cette 13ᵉ édition du tournoi ITF Juniors. Entre forte participation internationale, ambitions sportives et défis organisationnels surmontés in extremis, cette nouvelle étape du circuit mondial se présente comme un tremplin essentiel pour les jeunes talents ivoiriens.
Au cours de cette conférence de presse, le directeur du tournoi, Boniface Papa Nouveau, a présenté en détail la 13ᵉ édition de l’ITF J30 Abidjan, une compétition qui continue de s’imposer comme un rendez-vous incontournable pour les jeunes espoirs du tennis africain et international. Alors que les premiers matchs se déroulent depuis le début de la semaine sur les courts du Central Tennis Club, l’organisation a souhaité éclairer le public et les médias sur les enjeux, les ambitions et les défis qui ont marqué la préparation de cette édition 2025.
Cette année, plus d’une quarantaine de jeunes athlètes issus de seize pays participent au tournoi. Parmi eux figurent des joueurs venus de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Tunisie, du Maroc, de Turquie, du Ghana, d’Ouganda et de plusieurs nations africaines et européennes. La compétition, scindée en deux phases, la première du 24 au 29 novembre et la seconde du 1ᵉʳ au 6 décembre offre à chacun des participants l’opportunité de glaner jusqu’à 30 points au classement mondial ITF. Pour de nombreux jeunes joueurs, cette étape représente un passage essentiel dans leur quête de progression vers les catégories supérieures, mais aussi une rare occasion de se mesurer à des adversaires d’horizons variés.
Du côté ivoirien, quatre joueurs avaient pris part au tableau masculin au coup d’envoi du tournoi. À l’issue des premiers tours, seul Yves Armand Segui Kouadja est encore en course. Le jeune ivoirien s’est illustré en éliminant d’abord l’Ukrainien Iosef Ureche, avant de venir à bout du Britannique Myles Kiely au terme d’un match intense disputé en trois sets. « Je viens de terminer un match très difficile, mais je me battrai jusqu’au bout. Je veux remporter ce tournoi dans mon pays et ramener la coupe à la maison », a-t-il déclaré.
La progression de Segui Kouadja illustre parfaitement l’objectif recherché par la Fédération ivoirienne de tennis (FIT), Maître Sylvère Koyo en soutenant l’organisation de ce type de compétition. Présent lors de la conférence de presse, le 1ᵉʳ vice-président de la FIT, Marcel Hiannot Kouadio, a insisté sur la dimension formatrice du J30 Abidjan. Selon lui, « ces compétitions donnent l’occasion à nos athlètes de se mesurer à des joueurs venant d’académies réputées aux quatre coins du monde. C’est une opportunité unique pour eux de gagner en expérience et d’engranger des points ITF ». Pour la Fédération, accueillir régulièrement des tournois de ce niveau représente un levier de développement essentiel pour préparer une nouvelle génération de tennismen capables d’évoluer sur la scène internationale.
Malgré la dynamique observée chez les garçons, le tableau féminin présente un visage beaucoup moins fourni. Une situation que le directeur du tournoi regrette profondément. « Le tableau des filles est moins pourvu. C’est malheureusement le cas dans plusieurs pays d’Afrique. Il faut vraiment motiver davantage les jeunes filles à jouer au tennis et renforcer la formation dès le plus jeune âge », a-t-il expliqué.
La conférence de presse a également permis de lever le voile sur une information jusqu’ici tenue discrète. La compétition a failli être annulée en raison de sérieuses difficultés financières rencontrées durant sa phase de préparation. « On a failli annuler le tournoi parce que la situation était compliquée au niveau des finances. Mais la Fédération a insisté pour que l’événement ait lieu et c’est elle qui finance entièrement cette édition, avec l’appui de ses partenaires. Sans son soutien, ce tournoi n’aurait pas eu lieu », a-t-il confié.
Fort de cette édition sauvée in extremis, Boniface Papa Nouveau ne cache pas son ambition pour l’avenir. Il souhaite voir la Côte d’Ivoire accueillir davantage de tournois ITF, notamment dans les catégories J60, J100, J200 et J300. Pour lui, multiplier les compétitions internationales sur le sol ivoirien permettrait aux jeunes talents de progresser plus rapidement sans supporter les coûts élevés des déplacements à l’étranger. « Si la Côte d’Ivoire peut organiser plusieurs catégories, ce serait une chance énorme pour nos jeunes. Ils pourraient franchir les étapes une à une ici même, dans leur pays », a-t-il souhaité.
Les intervenants ont salué le travail et la vision de Me Sylvère Koyo, président de la Fédération ivoirienne de tennis. Depuis son arrivée à la tête de l’institution, la FIT a multiplié les initiatives en faveur du développement du tennis, notamment à travers l’organisation de compétitions internationales comme l’ATP 50 ou encore le J30 Abidjan. Cette dynamique, fondée sur l’ambition de hisser la Côte d’Ivoire parmi les nations structurantes du tennis africain, offre aujourd’hui une véritable visibilité aux jeunes talents ivoiriens et leur ouvre de nouvelles perspectives sur la scène mondiale.